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Chanson | Sébastien Lacombe

Chapitre 10 : Ce n'est qu'un au revoir

Mise à jour le vendredi 19 août 2011 à 14 h 47

Contenu original

Chapitre 10 : Ce n'est qu'un au revoir

En écrivant ces mots, je ne réalise pas que mon exil au Sénégal se termine.

Combien de fois ai-je pensé à ce départ, à la joie de rentrer chez moi, de retrouver mes amis et ma famille? Combien de fois, dans les périodes d'ennui, ai-je anticipé ce moment?

Maintenant que tout s'achève, mes sentiments sont partagés, car en plus de quitter une ville que j'ai adoptée, je quitte des amis qui me sont chers. Des amis comme Oumar Sall, Abdulrachman Keita, Ismaela Manga, Issa, Sainy, Dominique et Max, Paul et Danielle, Anas, Marie-Annick, Jean-Marc et j'en passe.

Je quitte aussi un pays jeune et plein d'espoir qui va vivre des élections l'année prochaine, des élections très importantes pour son avenir. Je m'en voudrais de ne pas vous parler du mouvement « Y'en a marre Â» qui prend de plus en plus d'importance ici, au Sénégal.

Ce collectif de rappeurs sénégalais s'est donné pour mission d'éveiller la population à la situation politico-économique qui sévit en ce moment au Sénégal.

Mené par des artistes tels que Thiat, Fou Malade et tout le groupe Keur Gui, ce regroupement n'est pas politique, mais il représente la jeunesse sénégalaise et son désir de changement. Pour en savoir plus, allez voir leur page Facebook.

Je pars, certes, mais je conserve tous ces souvenirs de découvertes, de plages dakaroises et de nuits chaudes passées à écouter des artistes me raconter leur pays.

Je garde le souvenir d'un safari mémorable dans le Niokoloko Ba, le plus grand parc national du Sénégal, à regarder les animaux et à bivouaquer sur le bord du fleuve Gambie en écoutant les babouins se bagarrer contre la panthère.



Aussi, de cette promenade dans la réserve de Bandia.


Je rapporte aussi le souvenir d'une nuit passée dans le village peul Afia près de la Guinée, témoin de l'authenticité et de la simplicité de ces peuples de bergers.


Et que dire de mon ascension vers les chutes du Dindifelo dans les pays Bédiks en entendant les chimpanzés crier à la cime des arbres au-dessus de nos têtes!


Je me souviens aussi de toutes ces discussions politiques que j'ai eues pendant mon expérience comme journaliste au forum social mondial à Dakar pour le compte de Goodnesstv.org. Je me rappelle tout le monde venu à Dakar manifester pour une société plus juste.


Je me souviendrai toute ma vie des premières odeurs, des premiers regards, de la première fois que j'ai entendu le muezzin par ma fenêtre. Mais également de tous ces moments à prendre le thé, à regarder le temps passer avec des amis.

Je vais m'ennuyer de tout cela, et de tous ces sourires francs et joviaux qui ont croisé mon chemin.


Je vais aussi m'ennuyer de mes répétitions avec l'orchestre national, qui a eu la générosité de m'accompagner pendant quelques semaines, histoire d'essayer quelques morceaux et d'en réinventer quelques anciens.

Je ne laisse pas que du bon derrière moi. Il y a tous ces gens qui vivent dans une pauvreté extrême et ces enfants de la rue (talibés) aux yeux creux qui n'ont pas trop d'avenir devant eux. Je pars, mais je n'oublierai pas ces visages injustement victimes des trop grandes inégalités sociales du pays.

Je laisse derrière moi, sans trop de regrets cette fois, le marché Sandaga, où juste une promenade ressemble plus à une baignade dans un bassin rempli de requins. Je laisse aussi toutes ces coupures d'électricité qui faisaient partie de mon quotidien : bye bye la Sénélec et welcome Hydro-Québec.

Je rentre dans mon pays, mais comment vivre dans l'opulence quand on a vu la pauvreté de près? Quand je vais saluer les gens dans la rue, vont-ils me saluer en retour ou me prendre pour un fou? Vais-je avoir froid?

Je vous laisse avec cette nouvelle chanson que j'ai intitulée Mr taxi man. Ce taximan est mon ami Sait, qui m'a conduit un peu partout au Sénégal. J'espère qu'en l'espace de ces quelques minutes, vous allez sentir un peu ce que j'ai vécu ces derniers mois.


J'aimerais enfin remercier tous les lecteurs qui, toutes les deux semaines, étaient au rendez-vous pour suivre mes aventures au Sénégal. Un merci particulier à Claudia Beaumont, qui a cru en mon projet, et à toute l'équipe web de Radio-Canada.

Mais l'aventure n'est pas encore terminée : je pars au Maroc avant d'entamer l'enregistrement de mon album à Montréal.

Je vous invite donc à consulter régulièrement mon nouveau site Internet au www.sebastienlacombe.com pour de nouvelles chroniques et de nouvelles capsules de mes aventures africaines et québécoises.

En vous quittant, j'aimerais vous laisser avec cette photo de Paulette, notre défunte perruche africaine qui a malheureusement terminé son voyage dans les serres acérées d'une buse. Paulette a fait partie pendant un court moment de notre famille au Sénégal, je voulais lui rendre un dernier hommage.


Merci et à bientôt
Sébastien Lacombe, alias Un Québécois à Dakar

Article

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Chapître 8 : Ici le temps


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Chapitre 6 : Escapade au Cap-Vert


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Chapitre 5 - Du sable et des gens


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Chapitre 4 - Noir et blanc


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Chapitre 1 - Voyage et douanes


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